Le Graal et la métaphysique

Par-delà les explications religieuses, historiques ou littéraires, le Graal se rattache à une tradition métaphysique. C’est, ici, un symbole qui exprime une réalité d’un ordre supérieur, un centre à conquérir. Ce centre est intérieur et de nature spirituelle. La lumière le caractérise (« pierre de lumière »  in Wolfram von Eschenbach) ainsi que la « Vie » surnaturelle auquel il introduit. Il a cependant un aspect ambivalent puisqu’il peut agir comme une sorte de gouffre, le « siège vide » ou « treizième siège » sous lequel s’ouvre l’abîme (sauf pour Parsifal – symbole de celui qui sait dépasser ce danger : « extraire l’épée de la pierre » en étant apte à supporter les forces en jeu). Ce dernier point semble indiquer que le centre recherché sera force de destruction ou force vivifiante selon la qualité de celui ou de celle qui s’en approche… Le Graal, « pierre du centre », « pierre des rois », symboliserait ici une force primordiale qui doit être assumée sous peine de « brûler » celui qui n’en est pas digne (l’orgueilleux, l’inconstant).  Pour qui passe l’épreuve s’ouvre ensuite un chemin de reconquête vers un état primordial que symbolise, dans d’autres traditions, le « paradis terrestre ».

LRW