Philosophie et Cabale

De l’hébreu « quabbalah », qui signifie tradition, la Cabale laisse ses premières traces écrites au XIIe siècle, en France, et plus particulièrement en Provence chez, en particulier, les disciples du fils de Rabbi Abraham ben David de Posquières, Isaac l’Aveugle, et dans un ouvrage à l’origine inconnue, le Livre de la Clarté (Sefer ha-Bahir).  Elle se nourrit vraisemblablement de Traditions plus anciennes (comme, par exemple, la gnose juive ancienne dite « Mystique des Palais »).  Sa vision de la Réalité est d’une très grande richesse et se développa ensuite dans des milliers d’ouvrages dont le célèbre Zohar (XIIIe siècle) et au travers de grands maîtres, d’Isaac l’Aveugle à Isaac Louria.

Selon la Cabale, entre notre monde (une simple parcelle du cosmos) et l’Infini ineffable (En Sof), il existe dix médiations ou intermondes (sefirot). Tout l’objet de la Cabbale est de connaître cette mystérieuse interface par où l’En Sof se manifeste en se cachant puis, la connaissant, d’agir sur elle (la Cabale développe donc aussi une théurgie, c’est-à-dire un art qui vise à opérer sur les forces médiatrices (de nature spirituelle). Il existe ainsi une théurgie cabalistique qu’il faut strictement distinguer d’une magie cabalistique qui opère sur les forces psychiques et non spirituelles.

En cette réalité complexe, tout correspond, tout interagit… Aussi, la théurgie se fonde sur un complexe système de correspondances pour opérer à partir de ce monde sur les intermondes.

 LRW